Deux jours de rab...

J'avais organisé mon voyage en prévoyant un peu de marge de manœuvre, au cas où je n'arrive pas à compléter une étape et que je prenne du retard; un fort vent de face ou un pépin sur le trajet et ma progression aurait pu être ralentie et décalée mes prévisions. Pour cela, j'ai prévu une marge raisonnable de 2 jours supplémentaires. Plus exactement, entre mon arrivée sur la route n°1 ( fin de la traversée ) et mon départ depuis l'aéroport, j'ai laissé 2 jours et 2 nuits pleines.  

Il se trouve que, la chance et l'expérience aidant, tout s'est passé dans le temps imparti, j'arrive sur la route n°1 à Hvolsvöllur  en milieu d'après midi à J-3 du départ... Il me reste alors une fin d'après midi cool dans ce petit village, demain je peux rentrer sur Reykjavik sans me presser, je vais tout de même prendre le bus, car en vélo sur la n°1 çà n'a aucun intérêt notamment sur cette section longue et très fréquentée. Le dernier jour, je vais pouvoir aller faire un tour voir l'éruption en cours prés de Grindavik, c'est à dire vraiment pas loin de l'aéroport, puis pliage du matos en soirée. Larmounette, et retour le lendemain par l'avion RKK- CDG de 7h40...

N'ayant plus de sac de couchage, J'ai du me résoudre au confort en réservant un toit pour la nuit. C'est assez marrant, mais j'étais vraiment au milieu de rien lorsque j'ai rallumé mon téléphone et que j'ai pu me connecter sur une site de réservation et chercher ce qui était disponible pour la nuit d'aprés. Par chance finalement, cette année il y a peu de monde en Islande et les capacités d'accueil ne sont pas pleine. J'ai donc trouvé un endroit super sympa, un "base camp" (https://midgardbasecamp.is/) , un camp de base, sorte d'endroit hydride, auberge de jeunesse, restaurant, bar, organisation et départ des expéditions en super 4x4.  Incroyable pour l'Islande, j'ai décroché un lit en dortoir de 6 pour 40€, sachant que j'étais le seul dans le dortoir !! Regardez la vidéo d'accueil du lien précédent, çà résumé bien.

sympa, ce petit dortoir


Terminant la huitième et dernière étape, j'arrive en ville (bon j'exagère, le bourg compte 860 habitants, mais est très bien placé sur la route 1 à l'intersection avec la 860, la vallée que je viens de parcourir), J'en fait le tour, il fait beau pas de nuage, mais un léger vent marin rince l'atmosphère. Le village est assez vite résumé, la route 1 le tangente, 2 stations services, points névralgiques de ces petits villages, une pizzeria indiquée partout, une piscine municipale couverte ( tout village islandais qui se respecte en possède une), un glacier ! ( magasin qui vend des glaces maison :-) ), un petit supermarché, deux magasins d'articles touristiques et ... une fabrique de saucisses. Les villages islandais sont très aérés, rien à voir avec les villages issus du moyen âge en Europe où toutes les maisons se touchent, ici les maisons et bâtiments sont à bonnes distances les uns des autres et il y a de la place pour circuler. Dans tout les cas, c'est toujours trés verts. Cela ressemble à pas mal d'égard à ce que l'on trouve aux états unis. 

J'ai finalement du mal à trouver le "Midgard Base Camp", un peu à l'écart et au fond d'une petite zone d'activité. L'accueil très sympa ! je file rapidement à la douche, je lave mon tricot en mérinos que je porte non stop jours et nuits depuis je ne sais plus combien de temps..., et puis je file au bar, c'est les happy hours et je vais vous dire, une bonne bière pression après ce périple, je crois que je l'ai bien méritée. Il y a un peu de monde qui arrive au restaurant, le bar, reste pour moi, j'enchaine avec un plateau de charcuterie, çà aussi j'ai bien mérité... que du bonheur comme on dit. J'ai repéré en arrivant en ville, l'existence d'un glacier , aussi je décide de reprendre mon vélo et hop , une grosse coupe de glaces maison en guise de dessert, çà aussi, j'ai bien mérité ! 

charcuterie locale et bière pression

De retour au "Base Camp",  je compte bien me prélasser un moment au jacuzzi. oui, il y a un jacuzzi sur le toit en plein air. Tip top, pour se détendre ! il y a la deux jeunes américains qui se sont rencontrés en cours de voyage ici en Islande et qui ont décidé de poursuivre le voyage ensemble et une dame allemande d'un certain âge. On va rester là à discuter plus d'un heure et demi; Incroyable mais vrai, un des deux américains, bosse pour Pfizer et a participé à la phase de tests du vaccin Covid !! 

 


La belle vue depuis la cuisine des voyageurs et du jacuzzi juste au dessus


La nuit fut excellente.  Aujourd'hui, j'ai décidé de rentrer sur Reykjavik en bus, c'est le plus simple, le plus rapide, il n'est pas envisageable pour moi de revenir en vélo sur la route 1, ce serait comme faire du vélo sur la bande d'arrêt d'urgence d'une autoroute pendant 80 km.... bof...  J'ai révisé les horaires, le bus Straeto (la compagnie nationale) passe à 11h06 précise. Par contre où ?? je me refais un tour de ville, mais il fallait simplement chercher au dos de la station service "N1", je l'avais dit c'est le point névralgique de la ville. J'embarque le vélo, les bus sont équipés d'un porte vélo.

Adieu Hvolsvöllur , je me laisse conduire aujourd'hui !


Me voici arrivé au terminus de bus de Reykjavik, je ne connais pas cet endroit, ni où je me situe, je débarque mon vélo, et je laisse la place à d'autres aventuriers cyclistes. L'un d'entre eux charge un vélo tout neuf et je le vois changer de visage à la vue du salle état du mien; il a compris que son beau vélo va surement prendre cher ! En même temps, je ne sais pas ce qu'il(s) va/vont faire comme parcours. 

Après quelques hésitations et mon smartphone dont le GPS bagote, j'arrive à retrouver mon chemin et à me diriger vers le siège de ICE-SAR , l'association des secouriste d'Islande; il faut que je rende ma balise de détresse. Par chance, je ne l'ai même pas sortie de son étuis, mais bon, je n'aurai pas voulu partir seul sans. L'adresse que je possède me mène dans la rue principale du vieux Reykjavik; je retrouve avec plaisir tout ces endroits que j'ai déjà arpenté plusieurs fois; je me revois un instant il y a prés de 20 ans lors de mon premier voyage, avant l'industrialisation du tourisme dans le pays, avant la quasi faillite du pays en 2008.  

J'arrive devant l'adresse indiquée, mais rien ... une affichette indique que les locaux ont changé et qu'il faut aller voir du coté de l'office du tourisme, un peu plus bas dans la rue. Je m'y pointe, là, personne, n'est au courant... Mince... Aprés quelques recherches, le gars de l'office fini par trouver une information, et l'adresse de ICE SAR qu'il me note sur un papier... il me montre où cela se situe sur la carte de la ville... bon super , c'est juste à coté du terminal de bus par lequel je suis arrivé... à l'autre bout de la ville. Il tente de confirmer par un coup de fil, mais il tombe sur un répondeur... j'avais aussi essayer tout à l'heure et idem, répondeur. 

Du coup, je voulais trainer sur Reykjavik, et bien je suis servi, je visite la ville de long en large, il y a des pistes cyclables partout, c'est facile de circuler. Je fini par rendre la balise, j'indique quand même à l'hôtesse qu'il serait top de mettre à jour le site internet pour éviter ce type de déconvenue. 

Maintenant, je dois me rendre à Keflavik, à mon hôtel de départ juste à coté de l'aéroport international, j'ai réservé une nuit de plus puisque je suis en avance et puisque je n'ai plus de sac de couchage pour envisager l'option camping. J'ai la flegme de reprendre le bus et peut-être un peu l'avarice de payer un billet assez chéro, aussi je décide de rentrer à Keflavik en vélo. Les 20 premiers km sont trés agréables en ville puis en zone côtière au travers des banlieues chics. Piste cyclables tout le long. Puis sur les 30 suivants, c'est moins fun, pour le coup, ce que j'ai refusé de faire ce matin, je le fais maintenant, c'est la bande d'arrêt d'urgence d'une deux voies tout le long. Circulation intense. 

Juste avant d'arrivée au Start Hostel, en contre bas la ville de Reykjanebaer, je vois une bicoque qui m'attire, "fresh fish and chip" "since 19xx", en gros çà ressemble à une institution locale. Je m'arrête, c'est l'heure du diné, feu ! Je prend mon fish en même temps que deux gars qui parle français. cool, on décide de manger ensemble sur la table de pic nic attenante. Il s'agit d'une équipe d'Ushaïa TV qui fini sa semaine de tournage : le thème, les macareux moines, l'oiseau emblématique de l'Islande. Les Chips sont tops, le Fish est divin ! 

Et voilà, retour à la case départ, je pousse la porte du Start Hostel (avec mon vélo) et je vois Margaret qui m'avait accueillit il y a 10 jours, elle me reconnait, je lui dit "I'm still alive, I've done it !".









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