Cette nuit sans sac de couchage fut, comme on pouvait s'en douter, pas géniale. La couverture de survie ne tient pas en place et il est impossible de bouger sans créer des trous béants de ci de là, où le froid s'insinue. C'est particulièrement vrai au bas du dos sur les reins où mon dispositif précaire est le plus perfectible. J'y ai bien froid. C'est le genre de nuit où l'on se rappelle tout les rêves que l'on fait, et pour cause, un rêve, on se réveille, il fait froid, un autre rêve, on se réveille, il fait froid.... bref nuit de repos tout relatif. Je regarde la montre, je me réveille toutes les heures...
Bon, je positive, quitte à ce que la nuit ne soit pas géniale, je vais l'écourter et essayer d'arriver à l'étape suivante le plus vite possible (18h???). La motivation principale au Landmanalaugar sera de me prélasser dans la rivière d'eau chaude qui est à proximité immédiate du refuge. Je mets ma montre à sonner à 5h30, j'ai une étape de 80km environ.
Toujours bien protégé contre les élèments
un glacier que je n'identifie plus
Aujourd'hui, la route sur la F26 est plus simple, cela s'apparente à une longue traversée de désert, les courbes et les montées sont plus douces, je croise un peu plus de voitures (<20 !!! ) et même un trio de randonneurs francophones qui ont choisi sur cette section de suivre la route, ils avancent sacrément vite. Je les double avant le déjeuner, ils me rattrapent et me dépassent sans difficulté. Bravo les gars !!
Stop à un superbe point de vue sur le lac Boritsvatn, je ne suis pas le seul intéressé

le lac Boritsvatn,
La F26 devient goudronnée et en descente sur 10km environ au niveau de deux usines hydroélectriques, du bonheur, je bifurque alors vers le Landmanalaugar par une route (208) qui redevient de terre et qui serpente au milieu d'un énorme champs de lave, allez encore 27 km est j'y suis, aprés une grosse montée, çà reste assez plat mais il pleut. J'écoute des podcasts lorsque je pédale, le matin en partant, pas trop, histoire d'écouter le vélo respirer, mais sinon, j'enchaine les émissions, je me cultive. C'est assez marrant parce que la mémoire du lieu s'associe à la mémoire de ce que j'écoutais à ce moment là. Les souvenirs remontent alors ainsi : la vision d'un paysage et un thème à l'oreille. Ecouter quelque chose, çà aide beaucoup à avancer, cela occupe l'esprit et détourne de la douleur, de l'effort.
D'ailleurs, aujourd'hui çà va un peu moins bien, mon déjeuner ne passe pas (un lyophilisé attroce...), j'ai la gerbe... et une forme de tendinite au genou se réveille et me lance. Je suis sujet à cela, et je m'attendais à la traditionnelle à droite, mais c'est la gauche qui se présente. Je me dis tout de même que c'est bien mieux que cela se passe maintenant plutôt que lors des étapes assez difficiles des jours précédents.
Vers 18h, me voici arrivé au Landmanalaugar, lieu mythique pour tous les visiteurs en Islande, départ de la plupart des randonnées les plus courues.
Comme toujours, il y a beaucoup de monde, des dizaines de tentes et le grand refuge est quasi complet (78 personnes). Certains maintiennent bien les gestes barrières, même si tout le monde a en tête que, si l'on est là, c'est que l'on est vacciné et que l'on a en plus fait un test au résultat négatif juste avant de venir. Je suis dans une chambre avec une famille de Font-Romeu, et trois randonneuses, je dirai américaines.
J'ai hâte d'aller aux sources d'eau chaude, je déballe toutes mes affaires pour faire sécher ce qui doit l'être et plouf.

Il s'agit d'une sorte de lagon, au sol de galet d'environ 70 cm de profondeur, les résurgences d'eau chaudes proviennent de la coulée de lave au fond (l'eau est trés chaude à mesure que l'on s'en approche) , mais aussi du sol au niveau des galets, c'est inconstant, il faut changer de temps à autres d'endroits en fonction des courants pour profiter d'une eau tempérée
On y rôtit lentement avec plaisir, quel bienfait pour mes jambes sursollicitées, comme une remise à zéro, c'est vraiment le top.
un petit chemin y mène depuis le refuge, les stratégies des gens différent, certains y vont tout habillé et stockent leur affaires sur le ponton, mais au risque de la pluie, d'autres y vont directement en maillot. Dans 90% des cas, la tradition veut que l'on ait une bière à la main.
Comme partout dans le monde, au Hamman, au Onsen, le lieu est propice à la discussion... et quelle discussion pour moi, je rencontre des quinquas américains, deux frères, l'un semble sourd et l'autre muet, celà m'empêche rien et mon anglais, même sur les lèvres passe très bien, on se raconte des histoire de vélo, ils en ont une cargaison.
Derrière le site, le point de départ des randonnées dans le Laugar, 5, 6 7 jours....
N'oublions pas le bilan vélo du jour :
77,71km , 8H04 de vélo pour 10H de trajet, 816m de dénivelé positif
Salut amigo.me encanta mucho leerte amigo...que preciosa el peisage...disfruta amigo ✌️👍
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