Apres une belle soirée de discussions internationales, je petit-déjeune avec ma famille pyrénéenne, ils partagent avec moi un morceau de leur gateau et d'autres petites choses.
Cette sympathique étape est déjà finie et il faut se résoudre à partir, on se salue chaleureusement avec les frères américains, ils débutent leur randonnée de plusieurs jours, et moi je continue la mienne; j'entame ma septième étape et donc l'avant dernière si tout va bien, le temps passe trop vite.
Pour les départs de rando, c'est juste derrière le refuge au niveau de la coulée de lave
J'ai décidément de la chance, toujours pas de vent au programme... c'est couvert mais le soleil perse tout de même.
L'étape du jour est, sur le papier, technique et très VTT, je traverse le Landmanalaughar d'une traite, sur des routes qui sont, à nouveau, classifiées pour des 4x4 aux roues susmentionnées. Les reliefs vont être sérieux avec pas mal d'alternances montée /descente et des rivières a gogo...
Le panneau est très clair, ne vous y risquez pas en simple 4x4
Je me lance, les paysages sont somptueux, les photos ne rendent en aucun cas la beauté des lieux.
Je quitte la F225 pour la route de traverse non numérotée, c'est du très sérieux d'entrée; mais pourquoi diable le service des routes islandais trace tout droit pour gravir une colline, les lacets c'est bien aussi non ? Je suppose que réaliser des lacets c'est trop compliqué et difficile à entretenir et puis la route est ouverte que l'été et les véhicules qui passent là sont des monstres qui peuvent encaisser ça... "oui mais les VTT et autres cyclistes randonneurs ? ".
Il y a des obstacles, lorsqu'on les voit, on se dit, c'est une hallucination, on regarde dans le détail, on réalise que non, que ce n'est pas un effet d'optique et que celui là on va le sentir passer; on se dit mais pourquoi une route là? comme ça? ils ne pouvaient pas la faire sur ce côté là à droite ? Ah ben non ca passe pas à droite là haut... et par la gauche en passant par le petit ressaut ? Ca passe là, non?... Bref, on a choisi d'être ici et maintenant , alors on renonce pas, on y va... je pédale un peu pour la forme et je fini vite par pousser... 15m et je m'arrête, 15m après 15m, je progresse avec grande difficulté. Je calcule vite qu'il me faudra au moins 1h voir 1h30 pour arriver au somment. D'ailleurs l'expérience me dicte que ce que tu vois d'en bas comme étant le sommet, n'est que bien rarement le sommet et qu'il en reste encore beaucoup; c'est désespérant au début, puis après on a tendance à surestimer l'effort à fournir, histoire d'avoir inconsciemment de bonnes surprises.

la pseudo route fait le tour de la région
Bon pour ce coup, c'est très corsé, j'en vois pas le bout et c'est toujours 15m par 15m et une pause pour s'en remettre, je sors les barres énergétiques miracles pour augmenter mon courage et ca marche pas mal en général... la pente et tellement raide que si je lâche le vélo , je ne le revois plus. Ah, au fait, vu de plus haut, sur la gauche après le ressaut, ça passait pas non plus...
J'arrive à vaincre cette maudite montée raide à laquelle succédera encore 2 bons km d'ascension moins rude.
La haut, le spectacle sur toute la région est extraordinaire! Les montages sont bicolores avec des marques blanches de neige encore présentes, des fumerolles un peu partout et ses typiques couleurs ocres et jaunes.
des fumerolles
Sur les hauteurs
Fumerolles à proximité
Lave, glaces, sable
Sur le point de vue, je suis rejoint par un van 4x4 surdimensionné, des touristes ont du payé cher les services de ce véhicule privé pour se rendra ici. J'ai de la chance d'être là... la rudesse de l'ascension est déjà oubliée.
fat boy
La route commence à redescendre après avoir atteint 1000m, et dans un premier temps, même punition qu'à la monté, c'est trop pentu, trop dangereux de rester en selle, alors je dévale la pente à pied avec mon vélo à coté. puis cela reprend un profil acceptable et et je dois contourner ce gros volcan tel une pyramide bien régulière, le Laufafell.
Je crois que pour la première fois du voyage, je consulte le GPS de mon téléphone en addition de ma carte papier pour comprendre où j'en suis et pour confirmer avant la grande descente devant moi si je vais bien rattraper la route F210. En effet, le petit plateau sur lequel, je me situe a ce moment là, envoit 3 routes dans diverses directions et il n'y a pas de panneau.
Aujourd'hui, je ne vois plus le bout de cette étape, le contournement du Laufafell est interminable, j'ai mal au genou (mais je gère) et surtout, se succèdent passage de rivière après passage de rivière.
Des passages à guet, plus ou moins compliqués...
J'ai la flegme de retirer mes chaussures pour les chaussons en néoprène, certaines rivières, je les passe en pédalant car le niveau d'eau est très bas. Et puis, l'excès de confiance, la rivière simple à traverser devient un petit piège et je plonge mes chaussures de rando dans l'eau fraiche.... Ca c'est fait, je suis bon pour rouler le reste de la journée, au frais, les pieds mouillés. A un moment, la route disparait, la rivière est la route, sur 200 ou 300m; il y a tout de même un tout petit chemin sous forme de ligne sur le coté qui permet à peine de m'y tenir, c'est un peu sportif, mais çà passe avec le vélo. C'est la journée des obstacles !!
naissance de rivières
La F210 descent pas mal finalement et çà devient sympa, çà secoue fort, je perds même sans trop m'en rendre trop compte mon balluchon tubulaire au niveau du guidon... heureusement je n'écoutais la radio que d'une oreille et j'ai senti une "différence" dans la direction... 50m plus loin demi tour , je le récupère. De toute façon, je fais le constat que dans ce voyage, tout ce qui n'a pas été bien arrimé a été perdu...
J'arrive finalement après plus de 10 passages de rivière ( au bout d'un moment, on comptabilise plus...) pour aujourd'hui au refuge Alfavatn au bord du lac du même nom. Super, mais le mien c'est celui d'aprés... je me modis 5 minutes d'avoir organiser le point de chute au prochain à Hvanngil.... encore 7km...
Je pense que cela se sent dans le récit, c'est la première fois que j'arrive à Hvanngil sur les rotules, trop que difficultés aujourd'hui.
Statistiques Vélo du jour : 1350m de dénivelé positif !!!!! , 66,11kkm , 7h21 de vélo sur 11h30 de déplacement , la pente terrible est à plus de 30% si j'en crois le relevé
Hola amigo ✌️,je vois que tu en bave grave...mais quelle satisfaction à l arrivée !!? C est top beau continue à te régaler... Joaquim
RépondreSupprimer